Le 2 février, l'Église orthodoxe célèbre la Rencontre du Seigneur, l'une des douze grandes fêtes du Dodécaorton. Quarante jours après la Nativité, le Christ enfant est présenté au Temple de Jérusalem, où le juste Syméon le reçoit dans ses bras et prononce le cantique que l'Église ne cessera jamais de chanter. Cette fête, à la fois fête du Seigneur et fête de la Mère de Dieu, marque la charnière entre le cycle de Noël et le temps qui mène vers Pâques. Elle invite chaque chrétien à porter le Christ en lui, comme Syméon l'a porté, et à traverser la vie dans la paix de celui qui a vu le salut.
☦️ Hypapante : la Rencontre du Seigneur
Du grec Hypapante, « aller à la rencontre de » : cette fête orthodoxe célébrée le 2 février commémore la rencontre entre le Christ enfant et le juste Syméon dans le Temple de Jérusalem, quarante jours après la Nativité. Elle appartient aux douze grandes fêtes du calendrier liturgique orthodoxe.
Sommaire
- Le fondement évangélique de la Rencontre du Seigneur
- Les quatre personnages de la Rencontre
- Le cantique de Syméon : une prière pour tous les temps
- Liturgie et iconographie orthodoxes de la Rencontre
- Histoire et origines de la fête orthodoxe
- Nos Drapeaux Orthodoxes
- FAQ — Questions fréquentes sur la Rencontre du Seigneur
Le fondement évangélique de la Rencontre du Seigneur
La fête repose sur le récit de l'Évangile de Luc (2, 22–40). Quarante jours après la naissance de Jésus, Marie et Joseph se rendent au Temple de Jérusalem pour accomplir deux prescriptions de la Loi de Moïse :
- La purification de la mère : prescrite quarante jours après la naissance d'un garçon (Lv 12, 2–8), elle s'accomplissait par une offrande au Temple. La Mère de Dieu, sans péché, s'y soumet néanmoins par humilité.
- La consécration du premier-né : tout garçon premier-né devait être présenté au Seigneur et racheté par une offrande (Ex 13, 2). Celui qui a institué la Loi s'y soumet lui-même.
- L'offrande des pauvres : Marie et Joseph apportent deux tourterelles, offrande prévue pour les familles sans ressources (Lv 12, 8). Le Fils de Dieu entre dans le Temple en pauvre, sans éclat.
Le nom orthodoxe de la fête, Hypapante, ne met pas en avant le rite légal mais la rencontre elle-même : la rencontre entre le Messie et l'Israël fidèle, entre l'Ancienne Alliance et la Nouvelle, entre la promesse et son accomplissement.
📜 Contexte Historique — La Loi des premiers-nés
La consécration des premiers-nés masculins au Seigneur est instituée dans l'Exode (13, 2) en mémoire de la sortie d'Égypte, lors de laquelle Dieu avait épargné les premiers-nés d'Israël. Cette loi s'accomplissait par une offrande au Temple, symbolisant le retour à Dieu de ce qui lui appartient en premier.
Les quatre personnages de la Rencontre orthodoxe
La scène met en présence quatre personnages dont chacun porte une signification théologique précise dans l'économie du salut.
- L'Enfant Jésus : le Seigneur du Temple entre dans son propre Temple porté comme un étranger. Ce paradoxe est le cœur de la fête : le Maître de la maison arrive anonyme, silencieux, dépendant.
- Marie, Mère de Dieu : elle porte son Fils vers Syméon, les mains couvertes du maphorion en signe d'offrande. Elle sait, dès ces quarante premiers jours, que son chemin passe par la Croix.
- Joseph : il suit en silence, portant dans le pli de son vêtement les deux tourterelles de l'offrande des pauvres. Il représente l'Israël obéissant qui accomplit la Loi jusqu'au bout.
- Syméon le Juste : vieillard juste et pieux, il attendait depuis des décennies la consolation d'Israël. L'Esprit Saint lui avait promis qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. Lorsqu'il prend l'Enfant dans ses bras voilés, c'est toute l'espérance de l'Ancienne Alliance qui tient enfin ce pour quoi elle avait été faite.
- Anne la prophétesse : veuve de longue date, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu dans le jeûne et la prière. Dès qu'elle voit l'Enfant, elle se met à parler du Christ à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem : premier acte d'annonce missionnaire de l'Évangile.

📜 Fait Méconnu — Syméon et la Septante
Selon une tradition patristique ancienne, Syméon aurait été l'un des soixante-dix traducteurs de la Bible hébraïque en grec (la Septante). En traduisant le passage d'Isaïe sur la Vierge (Is 7, 14), il aurait voulu corriger le mot « vierge » en « jeune femme » et un ange l'en aurait empêché, lui promettant de vivre jusqu'à voir l'accomplissement de cette prophétie.
Le cantique de Syméon : une prière orthodoxe pour tous les temps
Le sommet poétique et théologique de la fête est le Cantique de Syméon, connu dans la tradition latine sous le nom de Nunc Dimittis :
« Maintenant, ô Maître, laisse ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole, car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations, et gloire d'Israël ton peuple. »
Luc 2, 29–32, tradition liturgique orthodoxe
Ce cantique est chanté chaque soir dans l'Église orthodoxe lors des Complies. Il est la prière du chrétien qui a reçu le Christ dans sa vie et peut désormais affronter la nuit et la mort sans crainte.
Syméon adresse ensuite des paroles plus graves à Marie seule, lui annonçant que son Fils sera « un signe contesté » et qu'une épée lui transpercera l'âme. Cette prophétie de l'épée est l'une des clés de la spiritualité mariale orthodoxe : dès le quarantième jour, la Mère de Dieu porte déjà la Croix de son Fils.
Liturgie et iconographie orthodoxes de la Rencontre
La célébration liturgique de la Rencontre du Seigneur suit un office solennel :
- Les Grandes Vêpres du 1er février au soir, avec trois lectures vétérotestamentaires tirées de l'Exode, du Lévitique et des Nombres.
- La Divine Liturgie du 2 février, avec pour Épître Hébreux 7, 7–17 (le Christ, grand prêtre selon l'ordre de Melchisédech) et pour Évangile Luc 2, 22–40.
- La bénédiction des cierges : les fidèles apportent leurs cierges pour les faire bénir. Le Christ, désigné par Syméon comme « lumière pour éclairer les nations », est symbolisé par la flamme que chaque foyer conserve tout au long de l'année.
- L'apodosis (clôture liturgique de la fête) est célébrée le 9 février.
Le tropaire de la fête s'adresse à la Mère de Dieu, fait rare pour une fête officiellement classée parmi les fêtes du Seigneur :
« Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Mère de Dieu et Vierge, car de toi s'est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Réjouis-toi aussi, juste vieillard, qui as reçu dans tes bras Celui qui libère nos âmes et qui nous donne la Résurrection. »
Tropaire de la Rencontre du Seigneur, ton 1
L'icône de la Rencontre représente Syméon tenant l'Enfant dans ses bras tendus, voilés d'un tissu liturgique, signe que ses mains ne sont pas dignes de toucher directement le Corps du Seigneur. En face, la Mère de Dieu tend les bras avec une expression mêlant joie et pressentiment douloureux. Joseph porte les tourterelles. Anne, à l'arrière-plan, lève la main en geste prophétique. L'ensemble dit en images ce que Syméon dit en mots : deux Alliances se touchent, une promesse s'accomplit.

Histoire et origines de la fête orthodoxe de la Rencontre
La Rencontre du Seigneur est l'une des fêtes chrétiennes les mieux attestées dans l'Antiquité :
- IVe siècle : la pèlerine Égérie décrit la célébration à Jérusalem (vers 381–384) comme une fête déjà établie, observée avec procession solennelle quarante jours après l'Épiphanie du 6 janvier, soit le 14 février.
- Ve siècle : la tradition des cierges allumés pendant l'office est inaugurée à Jérusalem vers 450. Elle se conservera en Occident sous le nom de Chandeleur.
- 542 : l'empereur Justinien rend la fête officielle et universelle dans tout l'Empire byzantin après qu'une procession avec cierges aurait mis fin à une grave épidémie de peste à Constantinople. La fête reçoit alors le rang d'une grande fête du Seigneur.
- VIIe siècle : la fête est introduite à Rome depuis Constantinople.
Aujourd'hui, la Rencontre est célébrée le 2 février dans les Églises du calendrier grégorien révisé (grecque, roumaine, antiochienne) et le 15 février dans les Églises du calendrier julien (russe, serbe, géorgienne). Elle clôt le cycle de la Nativité et ouvre, par les paroles prophétiques de Syméon, le chemin qui mène vers Pâques. Chaque communion eucharistique est une Rencontre du Seigneur : on tient le même Enfant, on prononce les mêmes mots, et l'on repart en paix.
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Pourquoi dit-on « Rencontre » et non « Présentation » dans l'Église orthodoxe ?
Le nom grec Hypapante signifie littéralement « aller à la rencontre de ». L'Église orthodoxe met l'accent non sur le rite légal de la présentation du premier-né, mais sur l'événement spirituel central : la rencontre entre Dieu fait homme et l'Israël fidèle représenté par Syméon. Le terme « Rencontre » exprime bien mieux que « Présentation » la dynamique de la fête, qui célèbre la jonction entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance.
Qui était Syméon, et pourquoi est-il si important dans la liturgie orthodoxe ?
L'Évangile de Luc décrit Syméon en quelques mots : juste, pieux, attendant la consolation d'Israël, et animé de l'Esprit Saint qui lui avait promis qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. La tradition orthodoxe voit en lui le résumé vivant de toute l'espérance de l'Ancienne Alliance. Son cantique (le Nunc Dimittis) est chanté chaque soir lors des Complies. L'Église l'honore le 3 février comme saint Syméon le Juste, porteur de Dieu.
La Rencontre du Seigneur est-elle une fête du Seigneur ou une fête de la Mère de Dieu ?
Officiellement, dans le Typikon orthodoxe, la Rencontre est classée parmi les fêtes du Seigneur. Pourtant, son tropaire s'adresse à la Mère de Dieu, et sa liturgie l'honore pleinement. Cette double nature est voulue : on ne peut pas contempler l'Enfant sans contempler celle qui le porte, et on ne peut pas honorer la Theotokos sans contempler celui qu'elle présente. La Rencontre est ainsi, de fait, les deux à la fois, ce qui en fait une fête unique dans tout le Dodécaorton.
Quelle est la signification des cierges bénis à la Rencontre du Seigneur ?
La tradition des cierges bénits remonte au moins au règne de Justinien au VIe siècle. Le cierge symbolise le Christ lui-même, désigné par Syméon comme « lumière pour éclairer les nations ». Les fidèles apportent leurs cierges à la Divine Liturgie pour les faire bénir, puis les conservent dans leur foyer tout au long de l'année. Ils sont allumés lors des prières du soir, en cas de maladie, d'orage ou au moment de la mort d'un proche, comme rappel que le Christ est la lumière qui ne s'éteint pas.
Comment célébrer la Rencontre du Seigneur et quels cadeaux offrir pour marquer la fête ?
La célébration comprend la participation aux Grandes Vêpres du 1er février au soir et à la Divine Liturgie du 2 février au matin, avec confession et communion. Il est traditionnel d'apporter des cierges pour les faire bénir. Pour marquer la fête et honorer un proche, les drapeaux orthodoxes de Sapiens France sont un cadeau significatif : ils rappellent l'appartenance à la tradition chrétienne orientale et peuvent orner une chapelle, une iconostase ou une pièce de prière tout au long de l'année liturgique.
Quelle est la date de la Rencontre du Seigneur en 2027 ?
En 2027, la Rencontre du Seigneur sera célébrée le lundi 2 février pour les Églises orthodoxes du calendrier grégorien révisé (grecque, roumaine, antiochienne) et le dimanche 15 février pour les Églises du calendrier julien (russe, serbe, géorgienne).
Quel est le lien entre la Rencontre du Seigneur et le Grand Carême orthodoxe ?
La Rencontre du Seigneur occupe une position charnière dans le calendrier liturgique orthodoxe : elle clôt définitivement le cycle de la Nativité tout en annonçant, par les paroles prophétiques de Syméon sur l'épée et le signe contesté, les accents de la Passion et de Pâques. Dans certains calendriers monastiques, elle inaugure une période de préparation au Grand Carême. La fête dit à l'Église : Noël est terminé, le chemin de la Croix commence.