Le Blason de Besançon : Histoire et Signification

Le Blason de Besançon : Histoire et Signification

🕐 Temps de lecture : 5 min
✍️ Par l'équipe Sapiens France

Capitale de la Franche-Comté et berceau de l'horlogerie française, Besançon possède l'un des blasons les plus chargés d'histoire de France. Dominé par l'aigle impériale et les deux colonnes de Charles Quint, cet emblème résume à lui seul plus de deux mille ans d'une histoire marquée par Rome, le Saint-Empire et les grandes dynasties européennes. Dans cet article, nous vous invitons à découvrir la signification de chaque symbole, les grandes étapes qui ont forgé ce blason au fil des siècles, et à retrouver notre collection de produits brodés aux armes de Besançon.

🛡️ Blason de la ville de Besançon — Description héraldique

Le blason de la ville de Besançon se lit ainsi : « D'or à l'aigle de sable, tenant de ses serres deux colonnes de gueules brochant sur les ailes »


Signification du blason de Besançon

Le blason de Besançon est une composition d'une remarquable densité symbolique, où chaque élément renvoie à un pan majeur de l'histoire de la cité bisontine. Voici la signification des trois composantes essentielles :

  • L'aigle de sable (noire) : elle incarne l'autorité impériale et l'appartenance au Saint-Empire romain germanique. Présente dans l'iconographie bisontine depuis plus d'un millénaire — sur des sceaux, des monnaies, des médailles —, elle est aussi le symbole de saint Jean l'Évangéliste et rappelle le glorieux passé romain de Vesontio. À l'origine bicéphale comme l'aigle des Habsbourg, elle fut officiellement attribuée à la ville par l'empereur Charles Quint en 1537.
  • Les deux colonnes de gueules (rouges) : elles évoquent directement les Colonnes d'Hercule, emblème personnel de Charles Quint, et renvoient aux colonnes romaines triomphales qui se dressaient encore sur le mont Saint-Étienne jusqu'en 1674. Leur présence symbolise à la fois la profondeur antique de Besançon et une ambition d'expansion au-delà des frontières connues, résumée par la devise impériale Plus Ultra.
  • Le fond d'or : l'or — le plus noble des métaux héraldiques — incarne la puissance, la noblesse et rappelle l'ancien nom poétique de la ville : Chrysopolis, « la ville d'or » en grec ancien.

📜 Anecdote Historique — Chrysopolis, la cité d'or

Besançon portait dans l'Antiquité le nom poétique de Chrysopolis, signifiant « ville d'or » en grec. Ce nom inspiré se retrouve directement dans le choix du fond d'or du blason, faisant de l'écu lui-même un hommage à l'héritage antique de la cité.

Ensemble, ces trois éléments composent un blason d'une cohérence remarquable : celui d'une ville libre d'Empire, fière de ses racines romaines, placée au cœur d'un monde en expansion sous l'autorité des Habsbourg. L'aigle est la gardienne du temps — ce que rappellent avec pertinence les blasons ornant les bâtiments liés à l'horlogerie bisontine, art pour lequel Besançon est mondialement reconnue.


Histoire du blason de Besançon

Dès la fin du XIIIe siècle, Besançon adopte l'aigle aux ailes déployées comme emblème municipal, affirmant sa volonté de se placer sous la protection directe de l'Empereur d'Allemagne. En 1290, une charte de franchise accordée par l'empereur consacre l'émancipation de la ville face au pouvoir archiépiscopal, et la commune se dote d'armoiries combinant l'aigle impériale aux deux colonnes visibles sur le mont Saint-Étienne. Un sceau de 1434 en conserve l'une des plus anciennes représentations, où les colonnes apparaissent posées au sol plutôt que tenues dans les serres.

La date charnière est celle de 1537 : l'empereur Charles Quint offre officiellement à Besançon son blason définitif, accompagné du précieux droit de battre monnaie. C'est un geste politique fort, qui inscrit la cité dans le giron des villes libres d'Empire les plus privilégiées d'Europe. Le blason reprend alors pleinement les codes impériaux : l'aigle noire sur fond d'or, les deux colonnes rouges brochant sur les ailes, et la devise Plus Ultra.

📜 Contexte Historique — Les tribulations révolutionnaires du blason

En 1793, la Révolution française entraîne la suppression des armoiries de Besançon, comme dans l'ensemble des communes du pays. Sous l'Empire napoléonien, en 1804, un nouveau blason est imposé — arborant un lion de Bourgogne, une croisette et trois abeilles impériales —, avant que l'ordonnance royale de 1815 ne rétablisse les armoiries d'origine de Charles Quint.

Depuis 1815, le blason historique de Besançon est officiellement rétabli dans sa forme de 1537. Il orne aujourd'hui de nombreux monuments et bâtiments de la ville — des portes de l'ancienne école d'horlogerie à la fontaine de la place Bacchus —, témoignage vivant d'une identité urbaine construite sur deux millénaires d'histoire.


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FAQ — Questions fréquentes sur le blason de Besançon

Quelle est la devise de la ville de Besançon ?

La devise de Besançon est « Utinam », locution latine signifiant « Plaise à Dieu » ou « Plût à Dieu ». Cette formule exprime un idéal de prudence et de piété, hérité d'une époque où la ville cherchait protection divine dans un contexte politique incertain, au sein du Saint-Empire romain germanique. Associée aux armoiries, elle forme avec le blason les armoiries complètes de la cité bisontine.

Que symbolisent les deux colonnes rouges du blason de Besançon ?

Les deux colonnes de gueules (rouges) renvoient à un double héritage. D'une part, elles évoquent les colonnes romaines triomphales qui se dressaient sur le mont Saint-Étienne — l'actuelle Citadelle — jusqu'en 1674, témoignant de la longue histoire antique de Besançon, ancienne Vesontio romanisée par Jules César en 58 av. J.-C.. D'autre part, elles font directement référence aux Colonnes d'Hercule, emblème personnel de l'empereur Charles Quint, symbolisant l'ambition impériale de repousser les limites du monde connu, résumée par la devise Plus Ultra (« Plus loin »).

Pourquoi l'aigle figure-t-elle sur le blason de Besançon ?

L'aigle est présente dans l'iconographie bisontine depuis plus de mille ans. Elle représente l'autorité de l'Empire romain germanique, sous la protection duquel Besançon s'est placée dès la fin du XIIIe siècle, après avoir obtenu sa charte de franchise en 1290. C'est également le symbole de saint Jean l'Évangéliste et un rappel du glorieux passé romain de la ville. En 1537, l'empereur Charles Quint en fait le symbole officiel de Besançon en lui accordant ce blason, accompagné du droit de battre monnaie.

Quelle est la date officielle d'adoption du blason actuel de Besançon ?

Le blason dans sa forme actuelle a été officiellement accordé à Besançon par l'empereur Charles Quint en 1537. Il s'appuyait toutefois sur une tradition héraldique bien antérieure, dont l'une des plus anciennes représentations connues figure sur un sceau daté de 1434 et sur une lettrine ornant la couverture d'un livre de comptes de 1460. Après la parenthèse révolutionnaire et napoléonienne (1793–1815), ce blason impérial a été définitivement rétabli par ordonnance royale en 1815.

Où peut-on voir le blason de Besançon dans la ville aujourd'hui ?

Le blason de Besançon est omniprésent dans le patrimoine architectural et urbain de la ville. On le retrouve sur plusieurs monuments historiques, sur les portes de l'ancienne école d'horlogerie, sur la fontaine de la place Bacchus (qui affiche également le symbole de l'ancien quartier Battant), ainsi que sur l'immeuble SIDHOR de la rue de la Mouillère où figure une version moderne des armoiries intégrée à des rouages d'horlogerie. Ce blason accompagne ainsi en permanence les Bisontins, rappelant l'histoire impériale et antique de leur cité à chaque coin de rue.

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